Guinée Conakry : procès du 28-Septembre: «Toumba», un accusé devenu star

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C’est un procès unique en son genre qui s’est ouvert le 28 septembre dernier en Guinée. Pour la première fois dans l’histoire du pays, un ancien président et de hauts responsables de l’État sont jugés pour leur rôle présumé dans un massacre. Les caméras de télévision sont admises dans le tribunal et, en quelques semaines, les Guinéens se sont mis à vivre au rythme des audiences.

Guinée Conakry : le procès du 28 septembre est-il à la fois un espoir pour les victimes et un défi pour l’État ?

Ce procès est multidiffusé. À la radiotélévision nationale, sur les chaînes privées, il est littéralement partout dans les médias en Guinée. Jusque dans des musiques à la gloire de l’accusé Aboubacar Sidiki Diakité, dit « Toumba ». Le 28 septembre 2009, lorsque les forces de sécurité ont réprimé dans le sang un meeting de l’opposition, qu’au moins 150 personnes ont été tuées et une centaine de femmes violées, il était l’aide de camp du chef de la junte, Moussa Dadis Camara.

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Au procès du massacre du stade de Conakry, il y a eu un avant et un après « Toumba ». « Quand le procès a démarré, personne n’était vraiment intéressé, rapporte Albert N’Téla, jeune homme de 28 ans. Mais lorsque « Toumba » est venu à la barre, il a réussi à attirer l’attention de tous. Car la quasi-totalité des gens pense que ce que dit « Toumba », c’est la vérité. »

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À la barre, « Toumba » déballe tout : celui qui a ordonné le massacre, c’est Moussa Dadis Camara, affirme-t-il. « Moi, je dirai la vérité à la satisfaction de la cour, à la satisfaction des victimes », promet Toumba. Devant le tribunal, il raconte en détail le coup d’État de Dadis. Une histoire que les Guinéens n’avaient jamais entendue.

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« Toumba » est devenu une star. Dans cette chanson sont réunies ses répliques les plus célèbres. Des saillies prononcées devant le tribunal, qui font rire aux éclats les Guinéens. Des blagues en décalage avec la gravité de l’affaire. Jibril Kalissa, 23 ans, est assis devant la télé : « C’est comme une série pour moi parce que quand je ne regarde pas, je me renseigne sur ce qui s’est passé… pour être à jour. »

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Alors que chaque Guinéen pense savoir qui est coupable, deux camps irréconciliables s’opposent : les pro-Toumba et les supporters de Dadis. La justice va-t-elle résister aux pressions ? « Je vais respecter la décision finale, affirme Jibril Kalissa. C’est le rôle du juge, c’est sa fonction, sa profession et il est fait pour ça… »