Législative de 2023 au Bénin : Reckyath Madougou donne le mot d’ordre pour les campagnes

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Reckyath Madougou qui séjourne à la prison de Missérété depuis près de deux ans aujourd’hui s’adresse à ses collègues politique pour une campagne électorale festives.

L’INTÉGRALITÉ DU MESSAGE DE RECKYATH MADOUGOU

Béninoises, Béninois, mes chers compatriotes de tous horizons et de toutes chapelles politiques confondues.

Dans quelques heures s’ouvrira la campagne pour les élections législatives du 8 janvier 2023 en vue de la recomposition de notre Assemblée Nationale.

Même s’il est à regretter que la participation du parti Les Démocrates ait été conditionnée derechef par l’exclusion de certains leaders de premier plan, cet état de fait ne doit pas représenter pour vous, cher(e)s militantes et militants, une cause de désaffection ni d’abstention. Car comme l’a attesté Laurent Bigot, « En politique le meilleur des juges de paix, ce sont les urnes ». C’est pourquoi j’exprime ma solidarité à ceux de mes soutiens qui ont massivement été écartés de la compétition. Je les invite à la sérénité et à accompagner, partout sur le terrain, nos camarades en lice. À ces derniers, braves candidats, j’adresse mes vifs encouragements.

J’ai toujours pensé que la promesse de la démocratie doit être portée par des urnes sincères, où les citoyens déterminent librement ceux qui représenteront leurs intérêts. C’est de cette façon que l’histoire humaine est devenue celle de la dignité et du progrès depuis l’antique et glorieuse Athènes en passant par Le Bill of Rights anglais de 1689, la Constitution américaine de 1787 ou la Déclaration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui ont marqué avec éclat l’avènement de la liberté politique dans le monde.

Je mesure certes toute votre déception, vous camarades et nombreux militants et sympathisants qui auriez souhaité me voir à vos côtés pour cette campagne qui s’annonce. Vous n’avez de cesse de me le signifier de diverses manières.

Cependant, en dépit de ce que je sois tenue captive arbitrairement depuis pratiquement deux ans, et ce, dans des conditions inhumaines et iniques afin de me faire périr ou craquer, vos prières m’accompagnent dans une certaine résilience avec dignité et foi. Je vous en sais gré.

Mon infortune et celle de tous les détenus politiques – dont l’écrasante majorité est originaire du septentrion- devient une fortune en ce qu’il faut placer cette difficile épreuve sous le signe divin d’une marche inexorable vers la restauration de notre démocratie jadis chèrement conquise.

À cet effet, mes chers compatriotes, en toute responsabilité et humblement, j’en appelle à une campagne électorale pacifique sur toute l’étendue du territoire et à des élections apaisées, sans aucune effusion de sang, voire dans la fraternité comme naguère.

Je reste consciente que la transparence et l’équité de ces élections ne sont pas garanties dans les conditions actuelles et fort des manoeuvres d’exclusion auxquelles nous avons été accoutumés depuis 2019, avec renouvellement d’exploit en 2020 puis 2021. Pour autant, notre principale préoccupation doit nous attacher à la préservation des vies humaines. Nos voix comptent , mais nos vies le sont davantage.

Je ne saurais donc hélas présumer de la sincérité des opérations, n’étant pas dupe qu’une exclusion peut prendre plusieurs formes tout au long d’un processus électoral, notamment l’annulation de voix de l’opposition et d’autres facéties. Toutefois, je reste fidèle à mes convictions de femme politique engagée pour un Bénin démocratique, avec en cible une prospérité inclusive. Je veux de nouveau avoir la faiblesse de croire en un sursaut patriotique révélé de nos dirigeants.

« La démocratie c’est la liberté de dire qu’on en manque » (Grégoire Lacroix), et ce, sans crainte de représailles. C’est l’Assemblée Nationale qui justifie fondamentalement le pluralisme des courants d’opinion. Et pour rendre ce dernier effectif à l’œuvre de vote de lois impersonnelles et générales dans l’intérêt strict des populations, l’opposition doit pouvoir y être représentée en masse critique utile. Afin que s’exerce tout autant le très nécessaire contrôle de l’action gouvernementale.

En conséquence, je vous invite, Béninoises et Béninois, chers compatriotes, à porter votre précieux choix sur le parti de la flamme 🔥, le flambeau de l’unité nationale, le parti du peuple, le parti de la liberté, le parti de la démocratie. Vous l’aurez compris, je vous exhorte à déclarer votre flamme pour le parti ‘´Les Démocrates ´´.

Que Dieu Tout-Puissant et les âmes de nos ancêtres nous guident et nous bénissent.

Joyeux Noël dans l’espérance de la Bonne Nouvelle.