«La CPP est prête», voilà la réponse de Adrien Béléki AKOUETE à cette question…

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Deux élections s’annoncent l’année prochaine. Il s’agit des élections régionales et législatives. Cumuler deux élections suppose cumuler deux budgets à faire affronter aux partis politiques. Beaucoup de togolais se demandent si les partis politiques peuvent supporter cette hémorragie financière qui leur sera successivement imposée lors de ces échéances. La rédaction de Lomeinfo24 s’est alors rendue auprès du Président de la Convergence Patriotique Panafricaine (CPP), Adrien Béléki AKOUETE pour en savoir plus. Interview :

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Lomeinfo24 : Le budget d’une élection, c’est du lourd et il faut débloquer ce budget deux fois la même année. Comment la CPP se prépare-t-elle financièrement à affronter les dépenses au cours des élections en vue ? La CPP est-elle prête ?

Adrien Béléki AKOUETE : Tout parti politique doit toujours être prêt à tout moment pour être sur le terrain de la compétition électorale. Participer aux élections est un moyen pour mesurer son audience sur l’échiquier politique national.  Le Togo compte 39 préfectures avec 117 communes aujourd’hui.

Le parti doit d’abord tenir compte de ses moyens financiers et de ses ressources humaines pour pouvoir se positionner là où il sait qu’il mobilise assez et qui peut le faire gagner. Je vais vous dire que la CPP est prête et va participer aussi bien aux élections régionales que législatives.

D’ailleurs nous avons organisé une réunion avec toutes les fédérations le 27 août 2022 à Lomé. Nous avons discuté des échéances futures. Toutes nos fédérations et nos points focaux se sont exprimés. Celles qui ne veulent pas aller aux régionales l’ont dit ouvertement et celles qui veulent aller aux deux élections l’ont également dit.  En un mot tout est fait selon nos statuts et la CPP se prépare activement pour aller aux élections en 2023.

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Lomeinfo24 : Les militants des partis politiques « courent après l’argent ». Êtes- vous prêts à répondre aux besoins financiers de vos militants ?

Adrien Béléki AKOUETE : Comme je le disais, les élections constituent une mesure de l’audience d’un parti politique. Et il est de notre devoir de chercher des moyens nécessaires notamment les moyens financiers et humains – les moyens financiers par nos cotisations, des dons etc…, les moyens humains par les militants et les adhérents du parti – et répondre efficacement.

Aujourd’hui nous insistons sur la cotisation des militants et je suis heureux de savoir que les cotisations ont commencé même dans les fédérations. Chaque militant sait que pour aller aux élections il faut disposer des moyens. L’Etat fera sa part. Nous aussi nous devons faire notre part en prouvant par les cotisations que l’on est adhérent ou militant et non sympathisant pour le parti. C’est une affaire d’éducation.

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Lomeinfo24 : La CPP est-elle alors prête pour être visible sur le terrain lors de la campagne au travers des tricots, foulards, affiches et bien d’autres moyens de communication comme les autres partis ?

 

Adrien Béléki AKOUETE : Pourquoi parlez-vous de tricots ? C’est nourrir un homme pour un seul jour ! Pourquoi vous mettez l’accent sur les tricots ? C’est plutôt le programme du parti qui nous intéresse plus à la CPP. Les gens se battent pour avoir les tricots des partis politiques. Qu’est-ce qu’ils en font après ? Les porter ? Et ils n’iront même pas voter pour ces candidats. Faire des tricots à l’effigie du parti nous ramène dans les années 70, 80 etc… Nous en ferons pour épouser la volonté des militants. Car c’est juste les tricots qui les préoccupent et non le candidat. Pour les affiches, je suis entièrement d’accord parce que c’est actuellement la tradition dans nos pays et cela fait partie de la visibilité du parti dans les milieux.

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Lomeinfo24 : Par rapport aux élections c’est comme un os que le parti au pouvoir jette dans les mains des partis politiques et que chaque responsable veut tirer de son côté. Accumuler des élections, n’est-ce pas une manière de détourner l’attention des partis politiques et les empêcher de venir à bout de leur lutte ? C’est également vu comme une manière de les asphyxier parce que sur les plans juridique et financier, les partis politiques n’arrivent pas à prendre le dessus. Et certains militants finissent par transhumer. Qu’en dites-vous ?

 

Adrien Béléki AKOUETE : Nous sommes seulement à 30 ans de l’expérience démocratique faite de difficultés et des débats dès fois stériles après un certain nombre d’années de monopartisme. Il faut du temps pour de nouvelles cultures. Vous avez parlé tout à l’heure de tricots, ce sont des cultures que nous avons héritées du parti unique. D’ailleurs la nouvelle charte des partis politiques fait obligation à chaque parti politique à faire des rapports financiers à la fin de l’exercice.

Dire que le pouvoir asphyxie, non ! Nous sommes sur un terrain de combat et de discussions. Dans cet ordre d’idées, les partis de l’opposition doivent savoir que nous devons respecter les textes de lois.

Si nous voulons aller aux élections, nous avons 122 partis et moins UNIR il reste 121. Combien sommes-nous ? A peine trois millions de votants. Si on divise 3 millions par 121, combien chaque parti aura ? C’est pour cela qu’il faut réfléchir pour réinventer la chose.

Le Professeur GNININVI, je ne cesse de le répéter, a dit en 1992 « Démocratie d’abord et multipartisme après ». Mais nous avons fait le contraire, « Multipartisme d’abord et Démocratie après ». Nous devons savoir mutualiser nos forces pour un bon résultat.

Il y a 91 sièges, UNIR seule a 59 sièges (majorité absolue), les indépendants en ont 18 et les partis politiques qui sont là en ont 14. Mais quel est le poids en ce moment-là ? C’est à cela qu’il faut réfléchir. S’il y a 5 ou 6 partis, en prenant l’exemple de chez moi dans les Lacs où il y a 3 sièges, si réellement les partis qui sont vraiment implantés se disent : nous savons que nous ne pouvons pas gagner dans les Lacs. Vous, vous êtes implantés là et on vous connait mieux ; pourquoi ne pas laisser la place au parti connu, au lieu de venir chamailler avec lui sur le terrain et finalement les voix sont divisées ? Si nous savons que dans les Lacs l’UNIR est seule et les 4,5 restants mutualisent leur force ensemble, celui qui a le plus de voix gagnera. Et c’est un siège de gagné pour l’opposition.

Il faut alors que les partis politiques togolais de l’opposition aujourd’hui réinventent la politique. Il faut qu’ils se fassent une confiance mutuelle et le respect de la parole donnée. Je suis au regret de vous dire que le manque du respect de la parole donnée fait beaucoup défaut au Togo. Lorsque vous discutez et vous vous mettez d’accord sur quelque chose, ayez le courage d’aller jusqu’au bout sans autre calcul après.

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Lomeinfo24 : On constate qu’il y a un problème fétiche au Togo ; c’est que l’opposition n’est jamais unie ; qu’en pensez-vous ?

 

Adrien Béléki AKOUETE : L’opposition ne sera jamais unie tant qu’il y a pluralisme de partis politiques, l’opposition ne sera jamais unie. Mais l’opposition peut se définir un objectif commun et ça peut se discuter. Je prends l’exemple de la NUPES en France. Qui peut oser dire que Jean Luc MELONCHON et les socialistes pouvaient s’entendre à un moment donné pour aller à des élections ? Alors que vous avez entendu les critiques de Jean Luc MELONCHON envers les partis socialistes. Au Togo ces critiques sont considérées comme des insultes. Je dis non ! C’est parce que nous n’avons pas cette culture de débats contradictoires et ça provient de notre culture traditionnelle.

Certains se sont dit et donné des labels de vrais opposants et pour eux la démocratie c’est eux. Ou, vous suivez et vous devenez des remorques ou, vous êtes détruits… Non ! nous sommes 8 millions d’habitants aujourd’hui, aucun parti politique ne peut dire qu’il a 7 millions d’adhérents, c’est impossible.

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Lomeinfo24 : Lors de vos assises, est- ce que vous avez pensé à une coalition des partis politiques ?

 

Adrien Béléki AKOUETE : (Avec un sourire) Ah ! Ah Ah Ah ! Laissez-moi le temps de ne pas sortir tous les secrets de nos officines, Ah ! Ah Ah Ah ! Mais non. C’est difficile à comprendre que des discussions se mènent mais malheureusement comme je le dis, l’opposition n’arrive pas encore à se réinventer par rapport aux échéances futures.

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Lomeinfo24 : N’est-ce pas un problème ? Parce qu’ailleurs les partis de l’opposition se mettent ensemble pour défendre des objectifs communs…

 

Adrien Béléki AKOUETE : Non. C’est qu’au lendemain du 5 Octobre et lorsque les débats démocratiques ont commencé, le peuple, lui-même a décidé d’avoir un Messie. Or, je dis à tous ceux qui veulent m’entendre que le Messie même avant de venir sur terre a envoyé Jean Baptiste pour préparer le terrain, avant de venir sauver le monde, comme les chrétiens le disent. C’est à nous de réfléchir. Il y a eu beaucoup de coalitions, beaucoup de regroupements ; est-ce que ces coalitions ont été faites sur une base de vision commune, d’objectifs communs ? Quand je donne l’exemple de NUPES en France, c’est que tout est déjà sur papier dans des discussions claires et objectives. Ici au Togo, les coalitions se font et se défont à cause de l’égo surdimensionné de certains par rapport aux autres, parce qu’il doit y avoir quelqu’un qui domine cette coalition, ce que les autres n’acceptent pas. Le jour où l’opposition togolaise va comprendre que, comme on le dit en mina « C’est ensemble que nous pouvons amener la pirogue à l’eau » ou, « On a toujours besoin du plus petit que soit », là, les choses vont évoluer. Et en ce moment, il va falloir tout conditionner, sur le respect de l’autre et le respect de la parole donnée lorsqu’on se met d’accord sur un principe.

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Lomeinfo24 : Avez-vous un mot à l’endroit du public sur la CPP ?

 

Adrien Béléki AKOUETE : D’entrée, je dirai que la CPP a toujours existé depuis le 15 Août 1999.

Primo, j’interpelle les partis politiques à se réinventer d’abord, à penser au peuple ; parce qu’on ne dirige pas un peuple affamé. Sinon vous aurez chaque fois des manifestations. Que les partis politiques togolais se fassent confiance et se respectent mutuellement.

Secundo, je dirai à la jeunesse de se motiver davantage, de ne pas se décourager. Les chrétiens parlent de 40 nuits, de 40 jours ; les Sud-Africains ont mis presque 40 ans pour arriver au bout de l’apartheid. La victoire est toujours au bout de l’effort. Faire en sorte que nous tous, nous puissions participer au développement harmonieux et inclusif de ce pays. La jeunesse a donc un grand rôle à jouer. Les femmes aussi ont leur rôle à jouer. J’admire les femmes qui se battent aujourd’hui dans l’esprit de l’entreprenariat féminin.

Prenez le gouvernement togolais d’aujourd’hui où la plus jeune a à peine 30 ans. Cela veut dire qu’il y a encore de la place pour la jeunesse et la femme.

Il faut que la jeunesse fasse son travail pour mériter la confiance de tout le monde ; faire en sorte que ça ne soit pas une mangue mûre qu’on vient cueillir. Il faut d’abord qu’elle plante l’arbre, l’arrose et quand l’arbre fleurit et donne des fruits, qu’on vienne cueillir ensemble. Voilà ce que moi, je veux au nom de mon parti la CPP à l’endroit de la population togolaise.

Vive la CPP !